Bibliographie sélective OHADA

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Dans les auteurs ou contributeurs
  • L’étude du domaine public mobilier et immatériel en droit africain francophone révèle une évolution juridique contrastée. Historiquement ancrée dans la summa divisio romaine, la domanialité publique fut longtemps limitée aux seuls biens immobiliers, excluant les biens meubles et incorporels. Cette conception, influencée par la doctrine et la jurisprudence françaises du XIXe siècle, a progressivement cédé la place à une reconnaissance législative du domaine public mobilier, consacrée en France par l’ordonnance de 2006. Néanmoins, dans les États ouest-africains, cette reconnaissance reste timide et non systématique. Seul le Mali dispose d’une définition explicite du domaine public mobilier, tandis que les autres pays privilégient une protection sectorielle, notamment via les législations sur le patrimoine culturel. Les critères retenus, souvent calqués sur le modèle français du bien « insusceptible d’appropriation privée », peinent à saisir la spécificité des biens mobiliers et immatériels. S’agissant du patrimoine immatériel, son identification et sa valorisation soulèvent des défis conceptuels et pratiques. Malgré l’émergence d’une économie de la connaissance et la multiplication des textes encadrant les données publiques, les systèmes juridiques africains peinent à conceptualiser un véritable droit de l’immatériel public. Les enjeux de gouvernance numérique, de protection des données et de valorisation économique de ces actifs restent insuffisamment maîtrisés, dans un contexte marqué par la fracture numérique et les impératifs de sécurité nationale. En définitive, la consistance du domaine public africain demeure incertaine, tiraillée entre des héritages juridiques inadaptés et les nécessités d’une modernisation face aux mutations économiques contemporaines.

  • Le Code minier burkinabè de 2024 institue l’organisation en société coopérative (SCOOP) comme condition préalable d’obtention de l’Autorisation d’exploitation artisanale, marquant une évolution significative par rapport au cadre antérieur. Cette orientation vise à formaliser un secteur dominé par l’informel, à renforcer le contrôle étatique et à améliorer les conditions d’exploitation. Cependant, ce modèle obligatoire soulève des défis de fond. L’exigence légale entre en tension avec le principe fondamental d’adhésion volontaire, pouvant affecter la légitimité et la viabilité des SCOOP. Le risque d’une appropriation par des acteurs influents, détournant l’objectif coopératif, est réel. De plus, la supervision étatique intensive interroge sur l’autonomie des structures. Malgré ces limites, l’impératif de souveraineté et de sécurisation d’un secteur stratégique justifie l’intervention publique. Le défi consiste à concilier respect des principes coopératifs et nécessité de régulation. Pour réussir, une approche équilibrée est nécessaire : renforcer les capacités de gestion des coopératives, adapter le régime fiscal et veiller à ce que l’encadrement étatique favorise une véritable économie sociale et solidaire, et non une formalisation superficielle. The Burkinabe Mining Code of 2024 establishes the organization cooperative (SCOOP) as a prerequisite for obtaining an Artisanal Mining Authorization, marking a significant evolution from the previous framework. This orientation aims to formalize a sector dominated by the informal sector, strengthen state control, and improve operating conditions. However, this mandatory model raises fundamental challenges. The legal requirement conflicts with the fundamental principle of voluntary membership, potentially affecting the legitimacy and viability of SCOOPs. There is a real risk of appropriation by influential actors, distorting the cooperative objective. Moreover, intensive state supervision calls into question the autonomy of the structures. Despite these limitations, the imperative of sovereignty and securing a strategic sector justifies public intervention. The challenge is to reconcile respect for cooperative principles with the need for regulation. To succeed, a balanced approach is necessary : ​​strengthening the management capacities of cooperatives, adapting the tax regime and ensuring that state supervision promotes a genuine social and solidarity economy, and not superficial formalization.

Dernière mise à jour depuis la base de données : 16/03/2026 01:00 (UTC)

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