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Le créancier qui entame les voies d’exécution instituées par les États de l’OHADA en vue du recouvrement de sa créance est exposé au risque d’inexécution du titre exécutoire, surtout dans le contentieux qui touche les personnes morales de droit public. En tant que bénéficiaires de l’immunité d’exécution, la procédure leur est en effet inapplicable, causant ainsi d’énormes difficultés aux créanciers, notamment en mettant en péril le crédit et l’investissement. Avec la réforme survenue récemment, il était nécessaire de s’interroger sur la prise en compte de toutes ces difficultés par le nouvel Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution (AUPSRVE), entré en vigueur le 16 février 2024. L’étude compare à cette fin les dispositions du nouvel Acte uniforme avec celles de l’ancien texte et la pratique en la matière, avec pour objectif d’apprécier l’environnement juridique actuel en matière de protection des créanciers des personnes morales de droit public au moment du recouvrement de leurs créances. Cette analyse comparative permet de mettre en évidence, l’évolution notable du droit, qui va dans le sens du renforcement des intérêts des créanciers, quoique insuffisante. The creditor who initiates the enforcement procedures established within the OHADA Member States for the recovery of his claim is exposed to the risk of non-execution of the enforceable title, particularly in disputes involving public law legal persons. As beneficiaries of execution immunity, such entities are in practice shielded from enforcement measures, thereby creating significant difficulties for creditors, notably by jeopardizing credit and investment. In light of the recent reform, it has become necessary to question the extent to which these difficulties are addressed by the new Uniform Act organizing simplified recovery procedures and enforcement measures (AUPSRVE), which entered into force on 16 February 2024. This study therefore compares the provisions of the new Uniform Act with those of the former text and with existing practice, with the aim of assessing the current legal framework governing the protection of creditors of public law legal persons in the recovery of their claims. This comparative analysis highlights a notable evolution of the law in favor of strengthening creditors’ interests, albeit in an insufficient manner.
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Le lien de droit, en tant qu’accrochage, donne toute la quintessence du lien contractuel du COCC. Ce dernier, lorsque celui-là est appréhendé comme altérité, étale son incomplétude au profit d’autres branches du droit. Par ailleurs, les obligations que le lien contractuel du COCC fait naître peuvent, inversement, rétroagir sur lui afin d’en éclairer ou d’en assurer le sens. C’est cette thèse que cet article étaie. The legal relationship, as a form of connection, embodies the quintessence of the contractual relationship of the COCC. The latter, when understood as otherness, exposes its incompleteness to the benefit of other branches of law. Moreover, the obligations of the COCC that the contractual relationship creates can, conversely, retroact on it in order to clarify or ensure its meaning. This is the thesis that this article supports.
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Plus de deux siècles de son adoption (1804 à nos jours), les dispositions du Code civil applicable au Cameroun portant sur le droit commun du contrat sont jugées vétustes. Elles méritent de reformes, au nom de la doctrine de l’attractivité et de la performance économique, dans un contexte politique d’africanisation du droit des contrats et de la concurrence accrue du droit de la vente internationale. D’un regard panoramique, la présente analyse, livre un aperçu en profondeur du « contrat, un instrument juridique ou un pilier du droit » ? Il en ressort de cette contribution que le contrat est à la fois un instrument juridique et un « pilier du droit ». En tant qu’instrument juridique extrêmement performant, il vise à offrir un instrument permettant la plus grande liberté économique possible, ouverte à l’imagination des individus, tout en veillant scrupuleusement à éviter les déséquilibres économiques et en protégeant toutes les parties au contrat en tenant compte de leur particularité. More than two centuries after its adoption (1804 to the present day), the provisions of the Civil Code applicable in Cameroon concerning the common law of contract are considered outdated. They deserve reforms, in the name of the doctrine of attractiveness and economic performance, in a political context of Africanization of contract law and increased competition from international sales law. From a panoramic perspective, the present analysis provides an in depth overview of "the contract, a legal instrument or a pillar of law"? It emerges from this contribution that the contract is both a legal instrument and a "pillar of law." As an extremely efficient legal instrument, it aims to provide a tool that allows for the greatest possible economic freedom, open to the imagination of individuals, while meticulously ensuring the avoidance of economic imbalances and protecting all parties to the contract by taking their particularities into account.
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Avec la loi du 21 avril 2004 régissant l’urbanisme au Cameroun et les Décrets subséquents du 23 avril 2008 notamment, la réglementation des terrains inconstructibles en droit de l’urbanisme, dont l’efficacité est questionnée, vise tant à dissuader les personnes qui s’obstinent à construire sur des parcelles interdites à la construction, qu’à protéger particulièrement leur vie. Et eu égard à l’incivisme et à l’insouciance de certains, la présente analyse soulève l’épineuse préoccupation du rapport de force entre la rigueur des prescriptions urbanistiques relatives aux terrains inconstructibles et leur respect scrupuleux sur toute l’étendue du territoire national. Assurément, la détermination expresse des sols impropres à la construction assortie des sanctions rigoureuses, atteste de ce que les règles d’urbanisme encadrant les terrains inconstructibles sont d’une efficacité voulue par le législateur. Malheureusement, des obstacles tels que les constructions anarchiques et l’échec de la répression, qui entravent l’application de ces dispositions, témoignent plutôt d’une efficacité rudement mise à l’épreuve. With the law of April 21, 2004 governing urban planning in Cameroon and the subsequent decrees of April 23, 2008 in particular, the regulation of unconstructible land in urban planning law, whose effectiveness is questioned, aims both to dissuade people who persist in building on plots prohibited for construction, and especially to protect their life. And in view of the incivility and carelessness of some, this analysis raises the thorny concern about the balance of power between the rigor of urban planning regulations regarding unconstructible land and their scrupulous observance throughout the national territory. Certainly, the express determination of soils unsuitable for construction and the rigorous penalties attest to the fact that the planning rules governing non-constructible lands are effective as intended by the legislator. Unfortunately, obstacles such as anarchic constructions and the failure of repression, which hinder the application of these provisions, testify rather to a harshly tested effectiveness.
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La politique chinoise d’injonctions antipoursuites (IAP) dans les litiges liés aux brevets essentiels à une norme (BEN) et aux conditions FRAND viole l’Accord sur les ADPIC. Les arbitres de l’OMC ont établi une doctrine de « non-frustration » en vertu de l’article 1:1, affirmant que les mesures nationales ne peuvent pas nuire aux systèmes de propriété intellectuelle (PI) des autres membres. Les IAP chinoises, assorties de lourdes amendes journalières, restreignent indûment les droits des titulaires de brevets en entravant l’application des droits à l’étranger et en faussant les négociations de licences mondiales. La Chine doit désormais réviser sa politique pour garantir la conformité et une transparence accrue pour les « affaires types ». Cette décision limite les effets extraterritoriaux des mesures judiciaires, favorisant une approche plus équilibrée des litiges transfrontaliers en matière de PI. China's Anti-Suit Injunction (ASI) policy in SEP/FRAND disputes violates the TRIPS Agreement. The WTO arbitrators established a "non-frustration" doctrine under Article 1:1, holding that national measures cannot undermine other Members' IP systems. Chinese ASIs, with high daily fines, unduly restrict patentees' rights (Arts. 2 :1 & 2 :2) by obstructing enforcement abroad and distorting global license negotiations. China must now revise the policy to ensure compliance and greater transparency (Art. 6 :1) for influential "type cases". This decision limits the extraterritorial effects of judicial measures, fostering a more balanced approach to cross-border IP litigation.
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Le Code des personnes et de la famille (CPF) burkinabè de 1989 a récemment fait l’objet d’une modification le 1er septembre 2025. Parmi les matières objet de la modification figure la nationalité burkinabè. Cet article s’attache à déterminer la mesure dans laquelle le droit de la nationalité burkinabè a évolué du fait de cette révision du CPF de 1989. Il relève que cette nationalité reformée se caractérise, d’une part, par un durcissement de l’accès et de la privation de la nationalité burkinabè. Aussi, des ambiguïtés et incohérences de certaines dispositions réaménagées sur la nationalité sont-elles décelées dans le nouveau code, rendant ainsi incertain la portée juridique de ces dispositions. D’autre part, le droit de la nationalité burkinabè est désormais plus protecteur de l’étranger apatride ou encore résident permanent qui bénéficient, l’un et l’autre, d’un statut juridique leur conférant la jouissance spécifique de certains droits. Burkina Faso 1989 Family Code was just amended on September 1, 2025. Among the issues within the scope of the revised Code lies the burkinabe nationality. This article inquires about how the burkinabe nationality law evolved under the revised Code. On the one hand, it finds that the revision was restrictive of access to nationality and made deprivation of nationality more severe. Also, some highlighted inconsistencies in the provisions of the revised Family Code on nationality cause uncertainty as to their meaning and legal force. On the other hand, the revision achieved more protection for foreigners, whether stateless or permanent resident, by establishing a legal status for the stateless and the permanent resident, thereby granting them more rights than they had under the 1989 Code.
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En tant qu’institution traditionnelle profondément ancrée dans les pratiques culturelles, le mariage coutumier occupe une place centrale dans l’organisation sociale camerounaise. Jadis cantonné à une reconnaissance juridique restreinte au sein du droit positif, il connait aujourd’hui une transformation juridique majeure, sous l’impulsion de la loi n°2024/016 du 2 juillet 2024 portant organisation du système d’enregistrement des faits d’état civil au Cameroun. En fixant les modalités procédurales de transcription, cette loi consacre par-là la transcription du mariage coutumier comme un mécanisme essentiel de sa reconnaissance et de son efficacité juridique. La transcription apparait ainsi comme une condition déterminante de la validité légale du mariage coutumier en ce qu’elle permet son intégration dans l’ordre juridique étatique. As a traditional institution deeply rooted in cultural practices, customary marriage occupies a central place in Cameroonian social organization. Once relegated to limited legal recognition within positive law, it is now undergoing a major legal transformation, driven by Law N°2024/016 of July 23, 2024, concerning the organization of the civil registration system in Cameroon. By establishing the procedural requirements for transcription, this law enshrines the transcription of customary marriage as an essential mechanism for its recognition and legal validity. Transcription thus appears as a determining condition for the legal validity of customary marriage, as it allows for its integration into the state legal order.
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Recently, human trafficking has been on a rise with African states fighting to put an end to the crime by protecting victims, prosecuting culprits and collaborating with other partners. As a giant step towards fighting this crime, many African states ratified the Palermo Protocol, Ouagadougou Action Plan, domesticated trafficking laws and put in place institutions. Despite these efforts, trafficking in persons remain a persistent crime due to conflicts, poverty, unemployment and corruption, which increase the vulnerability of persons within and from Africa. Adopting a doctrinal research method, this paper questions the effectiveness of African States’ efforts to protect, prosecute and prevent this crime in and from Africa. It concludes that, while African states must be applauded for their efforts to protect, prosecute and collaborate with other states and organizations to combat this crime, much still remains to be done. This is due to the existence of factors like poverty, unemployment that create vulnerabilities and enforcement challenges like corruption, victim identification, delays in cross-border collaboration and weak legal frameworks. African states should therefore address underlying socio-economic factors, strengthen their domestic legal frameworks and enhance international cooperation to fully combat this crime. Récemment, la traite des êtres humains a connu une recrudescence, et les États Africains s'efforcent d'y mettre fin en protégeant les victimes, en poursuivant les auteurs et en collaborant avec d'autres partenaires. Dans le cadre de cette lutte, de nombreux États Africains ont ratifié le Protocole de Palerme et le Plan d'action de Ouagadougou, intégré des lois nationales relatives à la traite et mis en place des institutions spécialisées. Malgré ces efforts, la traite des personnes demeure un crime persistant en raison des conflits, de la pauvreté, du chômage et de la corruption, qui accroissent la vulnérabilité des personnes en Afrique et en provenance d'Afrique. Adoptant une méthode de recherche doctrinale, cet article examine l'efficacité des efforts déployés par les États Africains pour protéger, poursuivre et prévenir ce crime sur leur territoire et à partir de leur territoire. Il conclut que, alors que les États Africains doivent être salués pour leurs efforts de protection, de poursuite et de collaboration avec d'autres États et organisations pour combattre ce crime, il reste encore beaucoup à faire. Ceci s'explique par l'existence de facteurs tels que la pauvreté et le chômage, qui créent des vulnérabilités, et par des difficultés d'application de la loi comme la corruption, l'identification des victimes, les retards dans la collaboration transfrontalière et la faiblesse des cadres juridiques. Les États africains devraient donc s'attaquer aux facteurs socio économiques sous-jacents, renforcer leurs cadres juridiques nationaux et intensifier la coopération internationale afin de lutter pleinement contre ce crime.
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A l’ère du numérique, les données personnelles circulent librement au-delà des frontières, échappant souvent au contrôle des Etats. Le droit béninois, bien qu’enrichi par le code du numérique et l’action de l’APDP, se heurte à des limites structurelles lorsqu’il s’agit de protéger efficacement la vie privée face à des traitements transnationaux opérés par des acteurs étrangers. En effet, le droit béninois, dans sa configuration actuelle, ne permet pas une protection pleinement efficace de la vie privée face aux enjeux transfrontaliers du numérique, en raison de l’absence de mécanismes extraterritoriaux et de coopération internationale suffisants. Ainsi, une convergence normative avec les standards internationaux comme le RGPD et le renforcement des capacités de l’APDP pourraient améliorer la résilience du droit béninois face aux défis du numérique. Ainsi, la protection de la vie privée face au caractère international du numérique est un enjeu important au Bénin, qui nécessite une approche coordonnée et des solutions technologiques, réglementaires et éducatives. In the digital age, personal data circulates freely across borders, often escaping state control. Beninese law, although enriched by the Digital Code and the work of the APDP (National Agency for the Protection of Personal Data), faces structural limitations when it comes to effectively protecting privacy against transnational data processing carried out by foreign actors. Indeed, Beninese law, in its current form, does not allow for fully effective protection of privacy in the face of the transnational challenges of the digital age, due to the lack of sufficient extraterritorial mechanisms and international cooperation. Thus, normative convergence with international standards such as the GDPR and strengthening the capacities of the APDP could improve the resilience of Beninese law in the face of digital challenges. Thus, protecting privacy in the face of the international nature of digital technology is a significant challenge in Benin, requiring a coordinated approach and technological, regulatory, and educational solutions.
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Les technologies de l’information et de la communication (TIC) en droit pénal camerounais retiennent désormais toute l’attention en raison de leur omniprésence et de leur évolution constante. Il est donc impératif de mettre en place un cadre normatif et institutionnel solide, prenant en compte toutes les variables, notamment nationales, internationales, institutionnelles et financières, afin d’assurer une justice pénale numérique efficace et durable. À cet égard, le Cameroun, au-delà de son dispositif normatif national et des institutions mises en place pour réguler et contrôler l’usage des TIC, s’est également engagé au plan international. Cependant, ces efforts restent insuffisants, d’où la nécessité de renforcer l’architecture institutionnelle et la gouvernance numérique du pays. Information and communication technologies (ICT) in Cameroonian criminal law now attract significant attention due to their omnipresence and constantly evolving nature. It is therefore essential to establish a robust normative and institutional framework that considers all variables— national, international, institutional, and financial—in a strengthened manner to achieve an effective and sustainable digital criminal justice system in Cameroon. To this end, beyond its national legal framework and regulatory institutions, Cameroon is also committed at the international level. Nevertheless, these efforts remain insufficient, highlighting the need to strengthen the country’s institutional architecture and digital governance.
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Cette réflexion sur la contribution normative de la ZLECAF à la floraison des PME au Cameroun a pu être établie d’une part en prenant en compte la pertinence avérée et effective de la contribution de la ZLECAF à l’épanouissement des PME. En mobilisant la méthode juridique et d’autres complémentaires (historique et comparative), il s’est agi de mettre en exergue le rôle de cette institution dans la redéfinition du cadre juridique du libre-échange en Afrique. L’établissement et la régulation des échanges libres entre les Etats parties à l’accord, sonne comme une nouveauté à travers la contextualisation qui en découle. La prise en compte des spécificités africaines dans le commerce interétatique se positionne comme une cure de jouvence à la bonne marche du commerce international africain. Il s’est également agi de faire valoir le redimensionnement de la contribution du genre dans le monde de l’entrepreneuriat en Afrique et particulièrement au Cameroun. L’accord stipule un nécessaire équilibre des genres en la matière, renforçant ce faisant la vocation des PME à être plus productives et mieux intégrantes. This reflection on the normative contribution of the AfCFTA to the flourishing of SMEs in Cameroon was established, firstly, by considering the proven and effective relevance of the AfCFTA's contribution to SME development. By employing legal methods and other complementary approaches (historical and comparative), the aim was to highlight the role of this institution in redefining the legal framework of free trade in Africa. The establishment and regulation of free trade between the States Parties to the agreement is a novelty, given the resulting contextualization. Taking into account African specificities in interstate trade is seen as a revitalization of the smooth functioning of African international trade. It was also important to emphasize the increased role of gender in the world of entrepreneurship in Africa, and particularly in Cameroon. The agreement stipulates a necessary gender balance in this area, thereby reinforcing the role of SMEs in becoming more productive and more inclusive.
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L’adage « nul n’est censé ignorer la loi » constitue l’un des fondements classiques de l’ordre juridique moderne. Hérité du droit romain (ignorantia juris non excusat), il repose sur une présomption selon laquelle toute personne soumise à la loi est réputée en avoir connaissance. Cette fiction juridique vise avant tout à garantir la sécurité juridique, l’égalité devant la loi et l’effectivité des normes juridiques, en empêchant que l’ignorance réelle ou prétendue du droit ne devienne un moyen systématique d’échapper à la responsabilité juridique. Toutefois, dans un contexte marqué par la technicité croissante du droit et la multiplication des sources juridiques ˗ nationales, régionales et internationales ˗cette présomption apparaît de plus en plus contestable. L’accessibilité et l’intelligibilité de la loi, pourtant consacrées comme exigences de l’État de droit, demeurent inégalement garanties, notamment dans les sociétés où le pluralisme juridique, les barrières linguistiques et les inégalités socio-économiques limitent l’accès effectif au droit. Ainsi, cette étude entend établir qu’à l’époque contemporaine, l’effectivité de l’adage « nul n’est censé ignorer la loi », à l’aune des exigences de la théorie juridique de l’information, commande la consécration d’obligations corrélatives à la charge de l’État et du citoyen. The adage “ignorance of the law is no excuse” constitutes one of the classic foundations of the modern legal order. Inherited from Roman law (ignorantia juris non excusat), it is based on a presumption according to which any person subject to the law is deemed to be aware of it. This legal fiction is primarily intended to ensure legal certainty, equality before the law, and the effectiveness of legal norms, by preventing actual or alleged ignorance of the law from becoming a systematic means of escaping legal responsibility. However, in a context marked by the growing technical complexity of the law, and the multiplication of legal sources ˗ national, regional, and international ˗ this presumption appears increasingly questionable. The accessibility and intelligibility of the law, although recognized as requirements of the rule of law, remain unevenly guaranteed, particularly in societies where legal pluralism, language barriers, and socio-economic inequalities limit effective access to the law. Thus, this study seeks to establish that, in the contemporary era, the effectiveness of the maxim “ignorance of the law is no excuse”, in light of the requirements of the legal theory of information, calls for the recognition of corresponding obligations incumbent upon both the State and the citizen.
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Ohbla Law in the Digital Age: Reflections in Light of the Uniform Act Organizing General Commercial Law of 15 December 2010 in the 17 Member Countries. The digitalization of commercial law within the OHBLA area represents a major step toward adapting the legal framework to the digital economy. The 2010 reform introduced key innovations, including the recognition of electronic documents, digital signatures, and the digitalization of the RCCM, thereby improving transaction speed and transparency. However, several challenges persist: unequal digital infrastructure, limited cybersecurity, low digital literacy, and the need for harmonized practices among member States. The success of this reform will therefore require strong technical and institutional support.
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La médiation n’est pas une invention du législateur de l’OHADA. Elle est aussi vieille que le monde. Sa consécration légale à travers l’Acte uniforme relatif à la médiation met en évidence son importance dans la résolution des litiges à l’amiable dans l’ordonnancement juridique de l’OHADA. Cela s’explique car la médiation renvoie à l’idée de justice. Le sentiment de justice n’est pas lié à une époque, il est plutôt inhérent à l’existence humaine et porte en lui-même une exigence, une valeur fondamentale universellement reconnue. Il s’agit du droit à la justice dont le respect permet d’apprécier de façon efficiente les valeurs auxquelles une société est attachée. Toute société a besoin de justice, mais elle ne peut la rendre de façon satisfaisante avec le procédé traditionnel qu’est le jugement. Le juge ne peut pas tout. Le bon sens dicte de l’éviter. Selon un adage populaire, « un mauvais accord vaut mieux qu’un bon procès ». Là où il y a une société, il y a des différends. Là où il y a des différends, il y a des modes de règlement des différends parmi lesquels la médiation occupe une place de choix. Avatar médiatisé de la justice consensuelle, panacée de la déjudiciarisation et de la déjuridicisation, la médiation est parée de toutes les vertus pour éviter le procès. Elle apparaît donc comme une alternative à laquelle peuvent recourir les parties en conflit pour régler leur malentendu à l’amiable tout en préservant leurs relations d’affaires. Elle n’est pas une procédure laissée à l’appréciation du juge, mais plutôt à celle des parties en conflit qui en sont les principales actrices. Cependant elles ne peuvent parvenir à la résolution de leur litige que par l’intermédiaire d’un tiers appelée médiateur et sans lequel la procédure serait incomplète. On a donc, d’un côté, les parties à la médiation qui la considèrent comme étant leur affaire et, de l’autre, le médiateur qui est considéré comme le chef d’orchestre de la procédure. Mediation is not an invention of the OHADA legislator. It is as old as the world itself. Its legal recognition through the Uniform Act on Mediation highlights its importance in the amicable resolution of disputes within the OHADA legal system. This is because mediation refers to the idea of justice. The sense of justice is not tied to a particular era; rather, it is inherent to human existence and carries with it a requirement, a universally recognized fundamental value. It is the right to justice, respect for which allows for the efficient appreciation of the values to which a society is attached. Every society needs justice, but it cannot deliver it satisfactorily through the traditional process of judgment. Judges cannot do everything. Common sense dictates that it should be avoided. According to a popular saying, “a bad agreement is better than a good trial.” Where there is society, there are disputes. Where there are disputes, there are ways of resolving them, among which mediation occupies a prominent place. As the media-friendly face of consensual justice and the panacea for reducing court cases and legal proceedings, mediation is seen as the ideal way to avoid litigation. It therefore appears to be an alternative that parties in conflict can use to settle their differences amicably while preserving their business relationships. It is not a procedure left to the discretion of the judge, but rather to that of the parties in conflict, who are the main actors. However, they can only resolve their dispute through a third party called a mediator, without whom the procedure would be incomplete. On the one hand, therefore, we have the parties to the mediation, who consider it to be their business, and on the other, the mediator, who is considered to be the conductor of the procedure.
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Si l’erreur de diagnostic ne constitue pas en elle-même une faute pénale, il en est tout autre de la faute de diagnostic qui prouvée, permet au patient d’engager la responsabilité du médecin- auteur du diagnostic, tant devant les juridictions judiciaires qu’administratives, outre les voies de règlement amiable du litige. Cette efficacité avec laquelle le législateur français entend prendre en compte les actions des patients-victimes contre les professionnels de santé pour la réparation des préjudices subis, reste inexistante en droit ivoirien, malgré les multiples dénonciations des manquements fautifs des médecins dans la prise en charge de leurs patients. Toute chose qui appelle aujourd’hui, à l’impérieuse nécessité d’une réforme du droit de la santé ivoirien au regard du droit français. Afin de garantir au patient un traitement sérieux de sa pathologie conformément aux données acquises par la science. If the error of diagnosis does not constitute in itself a penal fault, it is quite different for the fault of diagnosis which, once proven, allows the patient to engage the responsibility of the doctor-author of the diagnosis, as well before the judicial jurisdictions as administrative, in addition to the ways of amicable settlement of the litigation. This efficiency with which the French legislator intends to take into account the actions of patient-victims against health professionals for the reparation of the prejudices suffered, remains non-existent in Ivorian law, in spite of the multiple denunciations of the faulty failings of doctors in the care of their patients. All this calls for the urgent need to reform Ivorian health law in line with French law. In order to guarantee the patient a serious treatment of his pathology in accordance with the data acquired by science.
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La rupture conventionnelle du contrat de travail est introduite dans le Code du travail par la loi du 18 juin 2021 portant Code du travail. C’est un mode de rupture négocié et homologué par l’inspecteur du travail. Il vient s’ajouter aux modes traditionnels de rupture du contrat de travail que sont la démission, le licenciement et la rupture par consentement mutuel. Il garantit une sécurité financière au travailleur tout en évitant les risques et les coûts d’un licenciement pour l'employeur. S’il faut bien louer ces avantages, les risques qu’il renferme ne doivent pas être oubliés. Le nouveau mode de rupture peut servir de moyen pour contourner des règles protectrices des droits des travailleurs. Ces faiblesses du dispositif peuvent être corrigées par un affinement de la procédure de rupture. Ces ajustements concernent aussi bien la procédure de la rupture que les pouvoirs du juge du travail. Il faudra également clarifier le domaine de la rupture. Ainsi, les travailleurs dont les contrats sont éligibles à la rupture conventionnelle devront être identifiés et l’articulation entre le nouveau mode de rupture et les modes traditionnels de cessation du contrat de travail devra également être précisée. The mutual termination of the employment contract was introduced into the Labour Code by the Act of 18 June 2021 enacting the Labour Code. It constitutes a negotiated mode of termination subject to approval by the labour inspector. This mechanism complements the traditional forms of termination of the employment contract, namely resignation, dismissal, and termination by mutual consent. It offers financial security to the employee while enabling the employer to avoid the risks and costs associated with dismissal. While these advantages deserve recognition, the risks inherent in this new form of termination should not be overlooked. Indeed, mutual termination may serve as a means of circumventing certain rules designed to protect workers’ rights. These weaknesses in the system may be addressed through a refinement of the termination procedure. Such adjustments should concern both the procedural framework governing mutual termination and the powers of the labour judge. Furthermore, the scope of application of mutual termination must be clarified. In this regard, the categories of workers whose contracts are eligible for mutual termination must be clearly identified, and the relationship between this new mode of termination and the traditional forms of termination of the employment contract must also be clearly articulated.
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De plus en plus, à travers le monde, il est demandé et attendu des entreprises d’aller au-delà de la seule finalité économique et financière au profit des associés et intégrer, entre autres, des considérations environnementales dans leurs décisions. Cette dynamique, est certes lente et timide, mais en construction dans le droit OHADA des sociétés commerciales. Ce droit reçoit implicitement les préoccupations environnementales. Il n’est donc pas totalement indifférent face à l’impérieuse nécessité de protection et de restauration de la nature. Or, l’environnement se vend et fait vendre. Il pourrait alors constituer un facteur de renforcement de l’attractivité du droit OHADA dans son ensemble et faire des sociétés commerciales des entités philanthropiques. L’intégration explicite des préoccupations environnementales dans le droit OHADA des sociétés serait alors requise. Elle accroitrait autant la compétitivité que la crédibilité des entreprises africaines au plan national et international. Increasingly, around the world, companies are being asked and expected to go beyond purely economic and financial objectives for the benefit of their shareholders and to integrate environmental considerations into their decision-making. This dynamic, while admittedly slow and tentative, is taking shape within OHADA business law. This law implicitly acknowledges environmental concerns. It is therefore not entirely indifferent to the pressing need to protect and restore nature. The environment is a marketable commodity and a driver of sales. It could thus become a factor in strengthening the attractiveness of OHADA law as a whole and transform businesses into philanthropic entities. The explicit integration of environmental concerns into OHADA business law would therefore be necessary. This would enhance both the competitiveness and the credibility of African companies at the national and international levels.
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Le droit CEMAC de la consommation repose classiquement sur une logique de protection du consommateur, appréhendé comme la partie structurellement vulnérable dans les relations de marché. Cette vulnérabilité, consacrée tant par la directive n°02/19-UEAC-639-CM-33 harmonisant la protection du consommateur au sein de la CEMAC que par les législations nationales des États membres, justifie une intervention normative visant à corriger les déséquilibres contractuels au profit du consommateur. Toutefois, l’évolution des pratiques de consommation, la judiciarisation croissante des relations contractuelles et l’émergence de préoccupations environnementales et sociétales révèlent une transformation progressive de la figure du consommateur. Celui-ci apparaît désormais comme un acteur revendicatif et engagé, assumant des charges procédurales et participant à l’orientation des modes de production et de consommation. L’article met ainsi en lumière l’émergence d’une dualité de la figure du consommateur en droit CEMAC de la consommation, oscillant entre vulnérabilité normative et réactance fonctionnelle, et interroge la capacité du droit positif à concilier protection et responsabilisation du consommateur. CEMAC consumer law has traditionally been based on the protection of the consumer, regarded as the structurally weaker party in market relations. This vulnerability, enshrined both in Directive No. 02/19-UEAC-639-CM-33 harmonizing consumer protection within CEMAC and in the national legislations of Member States, justifies regulatory intervention aimed at correcting contractual imbalances. However, the evolution of consumption practices, the increasing judicialization of consumer relations, and the rise of environmental and social concerns reveal a gradual transformation of the consumer’s role. The consumer now appears as a more assertive and engaged actor, bearing procedural obligations and influencing production and consumption patterns. This article highlights the emergence of a dual figure of the consumer in CEMAC consumer law, oscillating between normative vulnerability and functional reactance, and questions the ability of positive law to reconcile consumer protection with growing consumer responsibility.
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Les apports non capitalisables, en particulier l’apport en industrie, révèlent une difficulté majeure du droit des sociétés : intégrer dans le capital social des contributions immatérielles dont la valeur est essentielle, mais difficile à quantifier. À travers le « visage des apports non capitalisables émergé ». Cet article, analyse met en évidence les limites structurelles du régime actuel notamment l’absence de capitalisation, les difficultés d’évaluation, la participation restreinte de l’apporteur et l’insécurité juridique. Le « visage immergé », quant à lui, permettent ensuite d’identifier les perspectives d’évolution à l’instar de la valorisation accrue des contributions immatérielles, de la création de mécanismes d’évaluation adaptés, de la contractualisation des engagements et de la reconnaissance renforcée du rôle économique de l’apporteur en industrie. Parions, au final, que la modernisation de ce régime constitue une étape nécessaire pour aligner le droit des sociétés sur les standards de l’économie immatérielle contemporaine.
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Le capital social joue un rôle déterminant au sein de la société commerciale. Traditionnellement, une fonction essentielle lui était reconnue : celle de conférer des privilèges, tant politiques que financiers, à ceux qui y participent. Aujourd’hui, toutefois, sa portée dépasse largement ces conceptions classiques. À l’instar du patrimoine du débiteur, il constitue désormais un véritable instrument de crédit au bénéfice des créanciers sociaux. L’objet de la présente analyse est de mettre en évidence l’importance du capital social et la nécessité de sa protection, dans la mesure où de nombreux partenaires fondent leurs attentes sur sa consistance. Les approches empirique et théorique que nous avons adoptées dans le cadre de cette réflexion nous ont permis d’examiner la notion sous ses divers aspects. Nous espérons que les résultats de cette étude seront d’une utilité considérable, non seulement pour le monde des affaires, mais également pour l’ensemble des partenaires soucieux de préserver l’intégrité du capital social. Social capital plays a determining function within the commercial society. Classically, a function is allocated to it, that of the privileges (political and financial) attached to it. Today, this capital occupies a function beyond traditional conceptions. Like the debtor's assets, it is a credit instrument for social creditors. The object of such an analysis is to determine the importance of social capital to be able to protect it at all costs because many partners base their hope on it. The empirical and theoretical methods that we adopt as part of this reflection will allow us to carry out an in-depth analysis of the concept in all its contours and we hope that the results that will emerge will be of immeasurable usefulness not only for the business world. but also partners in the preservation of capital.
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- Droit des coopératives (37)
- Droit des sûretés (37)
- Responsabilité sociétale des entreprises (34)
- Droit des transports et logistique (29)
- Droit processuel (29)
- Droit de la consommation, distribution (22)
- Droit maritime (22)
Type de ressource
Année de publication
-
Entre 1900 et 1999
(19)
- Entre 1960 et 1969 (2)
- Entre 1970 et 1979 (2)
- Entre 1980 et 1989 (3)
- Entre 1990 et 1999 (12)
-
Entre 2000 et 2026
(1 585)
- Entre 2000 et 2009 (99)
- Entre 2010 et 2019 (632)
- Entre 2020 et 2026 (854)
- Inconnue (7)
Langue de la ressource
Ressource en ligne
- oui (1 611)