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Titre
Etude critique de l'opportunité des poursuites dans les législations française et béninoise
Résumé
L'opportunité des poursuites est un principe qui permet au procureur de la république, après vérification de la constitution d'une infraction, de poursuivre ou non le délinquant en fonction des données de fait qu'il apprécie souverainement dans chaque affaire. En droit français tout comme en droit béninois, ce principe n'est nulle part formulé expressément. Mais l'article 40 alinéa 1 du code de procédure pénale français et l'article 38 du code procédure pénale béninois disposent que « Le procureur de la république reçoit les plaintes et les dénonciations et apprécie la suite à leur donner ». Cette formule peut être interprétée comme accordant à ce magistrat le pouvoir d'apprécier les poursuites. Ainsi, le législateur reconnait au procureur de la république un pouvoir d'appréciation. L'opportunité des poursuites est donc un privilège, une prérogative, une faculté, un pouvoir d'appréciation souveraine qui ne peut engager sa responsabilité. Elle joue au stade de l'engagement des poursuites. De cette appréciation, peut naître soit deux décisions, soit trois, selon qu'on soit en droit béninois ou selon qu'on soit en droit français. En droit béninois, le procureur peut à l'issue de la mise en œuvre de son pouvoir d'appréciation, décider de poursuivre ou de classer sans suite. Le législateur français quant à lui, outre ces deux possibilités, permet au procureur de la république de mettre en œuvre des mesures alternatives de poursuite. Il peut s'agir soit d'une médiation pénale ou d'une composition pénale. La décision de poursuite peut être mise en œuvre par une procédure de flagrant délit, par une saisine du juge d'instruction, par une citation directe, ou par une procédure de crime flagrant. La décision de classement sans suite est une décision administrative, elle n'est pas motivée, et est non susceptible de voies de recours. Cependant elle peut faire l'objet d'un recours hiérarchique devant le procureur général. Plusieurs arguments sont avancés pour justifier ce principe. Il s'agit - L'individualisation du criminel - Du maintien de l'ordre public - La Gestion efficiente et souple du tribunal - Du désengorgement des maisons d'arrêts. Malgré ces avantages, force est de constater que de nombreuses critiques peuvent être faites à ce système. - D'abord l'application de ce principe ouvre la voie à l'arbitraire : En effet, le procureur de la république de par sa décision de classement sans suite se comporte exactement comme un juge. Plus qu'une décision administrative, le classement sans suite peut être une véritable décision au fond d'abandon de charges car l'infraction étant bien constituée. Donc assimilable à une véritable décision juridictionnelle parce que traitant des questions de libertés. - Ensuite, elle ouvre la voie à l'injustice : Le principe de l'opportunité des poursuites conduit à une application à géométrie variable de la loi. Le procureur peut décider à la tête du client, ce qui rompt l'égalité devant la loi. Ces deux reproches majeurs ont été également dénoncés par le rapport Refonder la justice : Ce qui a conduit le groupe de travail à proposer une réforme du statut du ministère public. Outre ces critiques majeurs, l'on constate également que les justificatifs évoqués par les partisans de l'opportunité des poursuites sont vraiment impertinents. - D'abord l'impertinence du désengorgement des maisons d'arrêts : On considère que le désengorgement des maisons d'arrêts est une illusion parce la poursuite pénale n'appelle pas systématiquement le décernement d'un mandat de dépôt (c'est à dire que la poursuite ne se résout pas systématiquement à la détention provisoire). En outre, le principe qui gouverne la poursuite en matière pénale est la liberté et l'exception la détention. Ensuite l'impertinence du maintien d'ordre public : On considère également que l'argument du maintien d'ordre est impertinent parce que le pouvoir exécutif à l'armée et la police pour maintenir l'ordre. The opportunity for prosecution is a principle that allows the public prosecutor, after verification of the constitution of an offense, to pursue or not the offender according to the factual data that he sovereignly appreciates in each case. In French law as in Beninese law, this principle is nowhere expressly formulated. However, Article 40 paragraph 1 of the French Code of Criminal Procedure and Article 38 of the Penal Procedure Code of Benin stipulate that "the public prosecutor receives complaints and denunciations and assesses the follow-up to be given to them". This formula can be interpreted as granting this magistrate the power to assess the prosecution. Thus, the legislator recognizes to the public prosecutor of the republic a discretionary power. The opportunity for prosecution is thus a privilege, a prerogative, a faculty, a sovereign power of appraisal which can not engage its responsibility. It is at the stage of prosecution. From this assessment, there may be two decisions, three, according to whether one is in Beninese law or according to whether one is in French law. Under Beninese law, the prosecutor may, after the exercise of his discretion, decide to proceed or to classify without further action. The French legislator, in addition to these two possibilities, allows the prosecutor of the republic to implement alternative measures of prosecution. It can be either a criminal mediation or a criminal composition. The decision to prosecute can be implemented by a flagrante delicto procedure, a referral to the investigating judge, a direct summons, or a flagrant crime procedure. The decision to take no action is an administrative decision, it is not motivated, and is not subject to appeal. However, it may be the subject of a hierarchical appeal before the Attorney General. Several arguments are put forward to justify this principle. It's about: - Individualization of the criminal - The maintenance of public order - Efficient and flexible court management - The disengagement of the arresting houses. Despite these advantages, it is clear that many criticisms can be made of this system. - First, the application of this principle opens the way to arbitrariness: Indeed, the prosecutor of the republic of his decision of classification without follow-up behaves exactly like a judge. More than an administrative decision, the classification without follow-up can be a genuine decision on the merits of abandonment of charges because the offense being well constituted. Therefore, it is tantamount to a genuine jurisdictional decision because it deals with questions of freedoms. - Then it opens the way to injustice: The principle of the suitability of prosecution leads to a variable geometry application of the law. The prosecutor can decide at the head of the client, which breaks the equality before the law. These two major criticisms were also denounced by the report Refond la justice: This led the working group to propose a reform of the statute of the prosecution. In addition to these major criticisms, we also find that the justifications evoked by the proponents of the suitability of prosecution are really impertinent. First, the impertinence of the disengagement of the houses of arrest: It is considered that the relapse of arrest houses is an illusion because criminal prosecution does not systematically call for the warrant to be waived (ie the prosecution does not systematically resolve pre-trial detention). Moreover, the principle governing prosecution in criminal matters is freedom and the exception of detention. Then the impertinence of the maintenance of public order: It is also considered that the argument of maintaining order is impertinent because the executive power to the army and the police to maintain order. - Then the impertinence of the role of the courts: For the developing countries, it is estimated that this allows to respect the ratio judge / inhabitant.
Type
Thèse de doctorat
Université
Université Bourgogne Franche-Comté
Lieu
Dijon
Date
2024-05
Nb de pages
354
Langue
FR
Extra
Issue: 2024UBFCF003
Référence
Batonon, C. F. S. (2024). Etude critique de l’opportunité des poursuites dans les législations française et béninoise [Thèse de doctorat, Université Bourgogne Franche-Comté]. https://theses.hal.science/tel-05531434v1/file/97681_BATONON_2024_archivage.pdf
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